« Restez chez vous ! » « Nous sommes chez nous ! » et en l’espace de quelques jours nos pratiques numériques se sont envolées. Télétravail, école à la maison, visioconférence, VPN, streaming, podcasting, social sharing, gaming, … mettant sous tension la bande passante et accélérant la production de CO2.

Le « containement surfing » vient de naître

Ici et là on voit éclore les premiers articles alarmistes sur le sujet : « Le Covid-19 va-t-il casser internet? » , « Face au coronavirus, les opérateurs internet appellent à la « responsabilité numérique » pour éviter la saturation », « Face à la crise du coronavirus, Netflix réduit son débit en Europe »…
Même si internet ne va pas rendre l’âme tout de suite, nous avons tous noté des baisses dans la qualité du flux depuis ces derniers jours.
Il est donc temps de profiter de cette période « confinée » pour améliorer nos pratiques et faire du bien à la planète, qui peut-être nous fait un signe. La décroissance digitale, cela s’envisage.

Imaginez ce que serait un jour de confinement sans bande passante ?

Fini le télétravail, la visioconférence est en berne, les mails stockés dans la boite d’envoi tentent une vaine échappée. Vous souriez ?
La connexion 4g ou 5g de votre portable ne vous sauvera pas car, les réseaux de téléphonie ne supporteront pas plus le report prévisible de trafic que vous ne supporterez vos enfants en plein désœuvrement.
Finie l’école à la maison sans connexion, finis aussi les exutoires pour petits et grands, Youtube, tik tok, Insta ont rendu l’âme, Netflix en carafe, Fortnite, Black ops et autre Fifa idem.
Et maintenant en plus d’être confinés, on va vous demander de vivre comme dans les années 80.
Là vous ne souriez plus du tout !

Pour éviter d’en arriver à cette extrémité, il y a des mesures simples à envisager que nous pouvons tous mettre en application. Car même si on nous vante les effets positifs du confinement sur la pollution des pays impactés, soyons réalistes, nos excès numériques créent d’autres désordres moins visibles mais ( tout aussi ) néfastes. En 2019, le numérique a contribué à 4% des émissions de gaz à effets de serre dans le monde et ce sont nos pratiques qui continuent de faire croître ce chiffre.

Limitez votre utilisation de la vidéo, c’est une grosse gourmande !

En ces temps de confinement, les flux vidéo sont davantage sollicités.
En temps normal, un utilisateur de Netflix passe en moyenne 2 heures par jour sur la plateforme qui compte 6,7 millions d’abonnés dans l’hexagone. Soit 13 400 000 heures en moyenne et environ 25% de la bande passante. Cela pèse son poids.
On comprend mieux la décision de Netflix de réduire la qualité de son débit pour les 30 prochains jours, car une heure de flux consomme environ 3Go en HD contre seulement 1Go en définition standard.
Si pour canaliser vos enfants, vous avez décidé d’augmenter leur temps de vidéo quotidien, alors pensez à télécharger les films la nuit quand la bande passante est moins sollicitée pour la libérer le jour. Ou encore à privilégier la télé via la TNT, le satellite ou la box plutôt que via le streaming.
Quant à vos ados, tentez de leur expliquer que Youtube ou Tiktok à outrance, c’est mauvais pour leur cerveau autant que pour la planète, mais là ce n’est pas gagné !

Envisagez de changer de moteur de recherche si vous utilisez Google.

Difficile d’obtenir des chiffres de la part de Google, étonnamment les données les plus récentes partagées par le moteur lui-même datent de 2009. Il y a donc 11 ans soit presque la préhistoire quand on parle d’internet. Google aurait-il quelque chose à cacher ?
Les dernières estimations disponibles font état au niveau mondial de 81 000 recherches par seconde, soit près de 7 milliards par jour. Estimé à 0,2 gr en 2009, l’équivalent C02 d’une recherche atteindrait aujourd’hui entre 1 et 10g suivant la recherche et le type d’appareil utilisé avec une moyenne estimée à 7g.
Avec 2 381 000 000 visites par mois en France, nous contribuons activement à la production de CO2. Si Google est discret sur son empreinte carbone, il est beaucoup moins discret lorsqu’il s’agit des données nous concernant, dont il raffole. Là encore, cette collecte de data augmente l’impact de chaque recherche sur la bande passante.

Pour réduire votre consommation de bande passante et donc votre empreinte carbone, changez de navigateur, et optez pour des solutions plus responsables qui ne collectent pas ou peu de données vous concernant telles que Qwant ou Lilo qui, en plus, financent des projets sociaux et environnementaux.

Suivez le mouvement et optimisez votre usage des réseaux sociaux

Les principaux réseaux sociaux ont suivi la voie ouverte par Netflix et limité la qualité des contenus diffusés pour préserver la bande passante. Mais nous, que pouvons-nous faire pour accompagner le mouvement et contribuer individuellement ?
Forcément se déconnecter en ce moment n’est pas envisageable, car quand on a du temps disponible et peu d’activités en perspective, les réseaux sont nos meilleurs alliés, en particulier pour combattre la distanciation sociale dont nous sommes victimes.
Alors à défaut de vous déconnecter, pensez à limiter le nombre de réseaux ouverts sur votre mobile ou votre PC, ne passez pas en revue vos fils d’actualité toutes les 5 minutes, déterminez 2 ou 3 plages quotidiennes durant lesquelles vous surfez et le reste du temps, faites autre chose.
La bande passante respirera et vous aussi.
Pensez aussi à faire le ménage. Supprimez vos comptes inactifs, vos publications obsolètes, vos photos moches ou dupliquées… tout ce qui occupe de la place inutilement sur les serveurs.
Idem pour vos boites mail, ce confinement est l’occasion rêvée pour faire le ménage dans vos e-mails et ne garder que l’essentiel. Si faire le ménage ressemble pour vous à l’ascension de l’Everest, enregistrez tous vos mails dans une archive, ils seront stockés sur votre disque dur et plus sur des serveurs.

Si cette crise sanitaire doit nous permettre de repenser le monde de demain, alors commençons dès aujourd’hui en prenant conscience de nos pratiques digitales, de leurs excès et de leur impact écologique. Envisageons la décroissance digitale, parce que si nous ne changeons rien, la planète se chargera de nous le rappeler.

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